Cliquer ci-dessous
Il y a des paroles de Jésus qui traversent les siècles sans perdre de leur fraîcheur. La parabole du semeur en fait partie. À chaque fois que nous l'entendons, elle semble nous rejoindre là où nous en sommes, dans nos joies comme dans nos fatigues.
J'aime imaginer ce semeur qui marche lentement dans son champ. Il ne choisit pas uniquement les endroits qui lui paraissent prometteurs. Il sème largement, généreusement, presque avec une confiance déconcertante. Une partie des graines tombera sur le chemin, d'autres parmi les pierres ou les ronces. Pourtant, il continue. Il ne calcule pas. Il ne se lasse pas. Il croit à la puissance de la semence plus qu'aux limites du terrain. N'est-ce pas ainsi que Dieu agit avec chacun de nous ?
Le Seigneur connaît pourtant notre cœur. Il sait combien il peut être encombré par les soucis, blessé par les épreuves ou distrait par mille préoccupations. Il sait aussi nos résistances, nos lenteurs à croire, nos découragements. Et pourtant, chaque jour, il continue de déposer sa Parole en nous. Il ne renonce jamais à notre histoire. Il voit en chacun de nous une terre capable de porter du fruit.
Cette confiance, cette espérance de Dieu me touche profondément. Bien souvent, nous sommes plus sévères envers nous-mêmes que Lui. Nous regardons nos échecs, nos pauvretés, nos incohérences. Lui regarde la moisson qui peut encore naître de notre vie.
Mais cette parabole ne parle pas seulement de ce que Dieu fait pour nous. Elle nous révèle aussi ce que nous sommes appelés à devenir. Nous sommes tous, d'une manière ou d'une autre, des semeurs.
Il y a les parents qui, parfois sans en voir les fruits, transmettent la foi par une prière du soir, un signe de croix, une parole de pardon ou simplement par l'exemple d'une vie donnée. Il y a les grands-parents qui continuent d'espérer pour leurs petits-enfants, même lorsque ceux-ci semblent avoir pris d'autres chemins.
Il y a les jeunes qui sèment souvent sans s'en rendre compte. Un sourire, une présence fidèle auprès d'un ami, une main tendue à celui qui est seul, quelques minutes offertes à la prière dans une journée bien remplie. Autant de graines que Dieu seul sait faire grandir.
Il y a aussi tous ceux qui servent humblement dans nos communautés : les prêtres, les catéchistes, les visiteurs de malades, les bénévoles, les personnes engagées dans une discrète fidélité. Leur mission ressemble souvent au travail du semeur : beaucoup d'efforts, parfois peu de résultats visibles. Pourtant, le Royaume grandit dans le secret.
Et puis il y a chacun de nous, dans la simplicité de notre quotidien. Nous aimerions souvent voir immédiatement les fruits de nos engagements. Nous voudrions que nos paroles changent les cœurs, que nos gestes soient reconnus, que nos efforts portent rapidement leurs résultats. Mais la logique de Dieu est différente. La semence travaille dans le silence. Elle disparaît sous la terre avant de laisser apparaître les premiers signes de vie.
Peut-être avons-nous oublié que nous sommes, nous aussi, le fruit de nombreuses semailles. Qui a semé en nous le goût de Dieu ? Qui nous a appris à prier ? Qui nous a relevés par une parole d'encouragement au moment où nous en avions besoin ? Bien souvent, ces personnes n'ont jamais vu tout le bien qu'elles avaient accompli. Elles ont simplement continué à semer. Thérèse de Lisieux disait : "Nous ne saurons qu'au ciel, ce que nous nous devons les uns aux autres".
Cette parabole devient alors une invitation à la confiance. Notre mission n'est pas de faire pousser la moisson. Elle est de semer avec fidélité. La croissance appartient à Dieu.
Aujourd'hui, le Seigneur nous pose quelques questions simples, mais essentielles. Quelle est la qualité de la terre que je lui offre ? Quelle parole, quel geste, quelle présence suis-je appelé à semer aujourd'hui ? Est-ce que je me laisse arrêter par le découragement lorsque je ne vois pas de résultats, ou est-ce que je continue, comme Jésus, à croire que toute semence d'amour finit un jour par porter du fruit ?
Nous fêterons Jeudi prochain Notre-Dame du Mont Carmel. Tournons-nous vers Marie. Toute sa vie a été une terre ouverte à la Parole. Elle a accueilli, gardé et laissé grandir en elle le projet de Dieu sans toujours en comprendre les chemins. Qu'elle nous apprenne cette confiance patiente qui ne mesure pas les résultats, mais qui demeure fidèle.
Puissions-nous repartir avec cette certitude : aucune parole d'amour, aucun geste de bonté, aucune prière offerte avec foi n'est perdue. Entre les mains de Dieu, les plus petites graines deviennent toujours une promesse de vie.
D'après le Pape François, Angélus du 16 juillet 2023, Place St Pierre, Rome.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.