Laissez venir à moi les enfants
vers 1923
Musée royal des Beaux-Arts d'Anvers (Belgique)
Venez à moi,
vous tous qui peinez sous le poids du fardeau,
et moi, je vous procurerai le repos.
vous tous qui peinez sous le poids du fardeau,
et moi, je vous procurerai le repos.
Semaine II du Psautier
« Venez à moi… » : accueillir le Christ pour devenir témoins de sa miséricorde.
« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos » (Mt 11, 28). Cette invitation de Jésus n'a rien perdu de sa force. Aujourd'hui encore, elle rejoint tous ceux qui avancent avec leurs fatigues, leurs doutes, leurs blessures ou leurs découragements. Le Christ ne commence jamais par demander des performances ou des mérites. Il ouvre les bras et accueille chacun tel qu'il est.
Tout l'Évangile est contenu dans ce mouvement : venir à Jésus pour recevoir de lui la vie. Il connaît nos pauvretés parce qu'il les a portées lui-même. Il ne promet pas une existence sans épreuves, mais une présence qui transforme nos fardeaux en chemin d'espérance. Celui qui se laisse rencontrer par le Christ découvre une paix que le monde ne peut donner.
Puis Jésus ajoute : « Prenez sur vous mon joug. » Ces paroles peuvent surprendre. Pourtant, le joug du Christ n'écrase pas : il libère. Ce joug, c'est l'amour vécu chaque jour, la confiance en Dieu, le choix de servir plutôt que de dominer, de pardonner plutôt que de condamner. En marchant avec Jésus, nous découvrons que nous ne portons plus seuls le poids de notre existence : il avance avec nous.
Enfin, Jésus nous invite à nous mettre à son école. Son enseignement ne passe pas seulement par des paroles, mais par toute sa vie. Il s'est fait proche des pauvres, des malades, des pécheurs et des exclus. Il a partagé les joies et les souffrances des hommes et nous a aimé jusqu'à la croix. Son humilité n'est pas une faiblesse ; elle est la force de l'amour qui relève et qui sauve.
Cette rencontre avec le Christ ne peut pas rester une expérience privée. Celui qui a goûté à la miséricorde devient naturellement porteur de miséricorde. Dans nos familles, nos quartiers, nos lieux de travail et nos communautés, tant de personnes attendent une présence fraternelle, une écoute, une parole qui redonne confiance. Nous sommes envoyés pour être ces témoins. L'Évangile se transmet d'abord par une vie habitée par la douceur, la compassion et la joie.
Le pape François nous a rappelé bien souvent qu'une Église fidèle au Christ est une Église qui sort, qui va vers les périphéries, qui n'a pas peur de rencontrer les personnes là où elles vivent. Elle ne distribue pas des leçons de morale ; elle ouvre des chemins de rencontre avec Jésus. Notre mission n'est pas d'attirer les personnes vers nous, mais de les conduire vers Celui qui seul peut donner le véritable repos.
En ce temps où beaucoup portent des fardeaux invisibles, l'invitation de Jésus demeure plus actuelle que jamais. Entendons-la d'abord pour nous-mêmes, puis devenons à notre tour des disciples missionnaires. Que nos paroles, nos gestes et notre manière de vivre puissent dire autour de nous : « Viens, le Christ t'attend. En lui, tu trouveras la paix, la force et l'espérance. »
C'est ainsi que notre monde découvrira, à travers des témoins simples et humbles, que la miséricorde de Dieu est toujours à l'œuvre et qu'elle continue de relever les cœurs.
D'après le pape François, Audience générale du 14 septembre 2016.
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