Cliquer sur les liens ci-dessous :
Peut-être faut-il entendre cette parabole non comme une leçon sur la justice, mais comme une révélation du cœur de Dieu et de son dessein de salut pour toute l’humanité.
Le maître de la vigne appelle des ouvriers à toute heure : certains dès le matin, d’autres à midi, d’autres encore à la dernière heure. Et tous sont appelés à entrer dans la même joie.
Nous qui avons reçu le baptême, nous sommes peut-être les ouvriers de la première heure : non pour nous croire meilleurs, mais pour être les prémices de cette humanité entière que Dieu veut rassembler dans son Royaume.
Nous avons reçu la grâce de connaître le Christ, non pour la garder pour nous, mais pour devenir avec lui les serviteurs de son œuvre de salut, car les derniers venus ne sont pas nos concurrents : ils sont ceux vers lesquels nous sommes envoyés.
Et peut-être est-ce là que se révèle notre pauvreté : nous voudrions parfois garder pour nous le privilège d’avoir été là les premiers, alors que le Seigneur nous appelle à travailler jusqu’à la dernière heure, à porter l'annonce de l'Evangile jusqu'aux extrémités de la terre, pour que personne ne soit laissé dehors,
La joie du chrétien ne devrait donc pas être de voir qui mérite le plus, mais de voir combien d’hommes et de femmes peuvent encore découvrir la tendresse du Père. Nous sommes l’Église en marche, appelée à porter dans le monde l’espérance du Royaume qui vient : une humanité nouvelle où personne ne sera oublié.
Alors, lorsque Dieu rejoint un frère à la dernière heure, lorsque sa miséricorde atteint celui qui était loin, lorsque le pécheur revient, c’est notre œuvre qui s’accomplit : la vigne porte davantage de fruit. Et notre regard doit peu à peu devenir celui du Christ : un regard qui ne se demande pas « pourquoi lui ? pourquoi elle ? », mais qui se réjouit de voir un frère, une soeur entrer dans la Vie.
Nous avons été appelés tôt, peut-être, mais nous ne sommes pas arrivés au terme : il nous reste à travailler jusqu’à la dernière heure, jusqu’à cette dernière heure où le Christ viendra rassembler tous ses enfants, où la miséricorde aura achevé son œuvre, où Dieu sera « tout en tous ».
Nous avons la chance chaque année d'accueillir de nouveaux catéchumènes. Ils sont déjà les fruits de la récolte future. Ils ne sont pas ceux qui arrivent trop tard mais ceux pour lesquels notre mission existe. Quelle place leur donnons-nous dans nos coeurs, dans nos vies ? Quelle regard portons-nous sur eux ? Formons-nous Eglise avec eux ?
Oh, Seigneur, délivre-nous de nos petits calculs et de nos jalousies ; donne-nous ton cœur, afin que le salut de nos frères devienne notre joie et lorsque viendront les derniers ouvriers, ceux que nous n’attendions plus, donne-nous de les accueillir avec bonheur, car ils nous rappelleront que ta vigne est plus grande que nous et que ton amour ne renonce jamais à personne.
« Que le méchant abandonne son chemin… qu’il revienne vers le Seigneur, qui aura pitié de lui, vers notre Dieu qui est riche en pardon. » Oui, Seigneur, fais de nous les ouvriers de ta dernière heure : non pas ceux qui gardent jalousement le Royaume, mais ceux qui travaillent avec toi pour que toute l’humanité puisse entrer dans ta joie.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Remarque : Seul un membre de ce blog est autorisé à enregistrer un commentaire.