DIEU NOTRE PÈRE, Nous te rendons grâce pour les soixante années de vie, de foi et de mission de notre Diocèse de Nouméa. Merci pour tous ceux qui, au fil des générations, ont annoncé l'Évangile sur cette terre, servi leurs frères et sœurs, témoigné de ton amour et fait grandir ton Église. Nous te bénissons pour les évêques, les prêtres, les diacres, les religieux, les religieuses et les fidèles laïcs qui ont consacré leur vie à ta mission En cette année jubilaire, renouvelle en nous la joie de croire, la force d'espérer et l'audace d'aimer. Apprends-nous à marcher ensemble dans l'unité, le respect et la fraternité, au cœur de la diversité des peuples et des cultures de la Nouvelle-Calédonie. Que ton Esprit Saint guide notre diocèse vers un avenir de paix, de réconciliation et de communion. À l'exemple de la Vierge Marie, Notre-Dame du Pacifique,donne-nous un cœur disponible à ta volonté et attentif aux plus petits. Fais de notre Église diocésaine une communauté missionnaire,accueillante et rayonnante, témoin de la Bonne Nouvelle auprès de tous. Nous te confions les générations passées, présentes et futures, afin que ton amour demeure au centre de notre vie. Par Jésus-Christ, notre Seigneur. Amen.

29/08/2026

DIMANCHE 30 AOUT 2026 : 22EME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE - ANNEE A


Image : Bernadette Lopez - www.evangile-et-peinture.org

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Jérémie et Paul ont connu l’opposition, les échecs, la solitude, le doute parfois. Jérémie a voulu se taire ; Paul a été rejeté, emprisonné, persécuté. Jésus lui-même connaîtra l’incompréhension, l’abandon et la croix. Et pourtant, quelque chose brûlait en eux. Un feu dévorant qui les empêchait de renoncer.

Ils ont découvert quelque chose de plus grand qu’eux-mêmes : l’amour et la fidélité de Dieu. Et cette découverte est devenue plus forte que leurs peurs, plus forte que les obstacles, plus forte même que la perspective de perdre leur vie. Alors ils ont continué, annonçant, témoignant, aimant, jusqu’au bout.

Et moi ? Qu’est-ce qui brûle en moi ? Qu’est-ce qui me fait avancer lorsque c’est difficile ? Qu’est-ce qui me donne envie de continuer à croire, à aimer, à servir ?

Il y a peut-être eu, dans ma vie, des moments où ce feu était très vivant. Je me sentais porté, habité, profondément convaincu que Dieu était là. Et puis, avec le temps, peut-être que le feu s’est affaibli. La fatigue, les déceptions, les blessures, les incompréhensions, les épreuves, les renoncepents. Peu à peu, je me suis peut-être installé dans le confort d'une foi tranquille, mais aussi plus tiède.

Alors, Seigneur, je te demande simplement : « Ravive en moi le feu de ton amour. »

Et pour retrouver ce feu, Paul nous montre où regarder : la croix.

Il revient sans cesse à elle. Pour lui, il n’y a finalement qu’une seule chose à annoncer, la croix, parce que c’est là qu’il découvre jusqu’où va l’amour de Dieu. 

Un Dieu qui ne vient pas écraser ses ennemis. Un Dieu qui ne vient pas balayer de la face de la terre ceux qui refusent son amour. Un Dieu qui ne répond pas à la violence par la violence. Un Dieu qui aime jusque-là, jusqu’à la croix.

Alors, en contemplant la croix, je peux me demander : « Si Dieu m’a aimé jusque-là, quelle est donc ma valeur à ses yeux ? »

Il ne s’est pas arrêté devant mon péché, ni devant mes résistances, ni devant mes infidélités. Il m’a aimé jusque-là.

Comme Pierre, nous sommes souvent devant le mystère et l’incompréhension de la croix. Pourquoi ? Pourquoi tant de souffrances ? Pourquoi ce silence devant les accusateurs ? Pourquoi un tel chemin ?

Et Jésus ne répond pas à toutes nos questions. Il nous dit simplement : Passe derrière moi.  Mets-toi derrière moi, regarde où je vais, renonces à la manière de penser du monde, entre dans la vie du Père, suis-moi.

Peut-être est-ce aussi mon appel aujourd’hui : passer derrière Jésus. Devenir disciple. Ne plus lui demander de suivre mes chemins, mais accepter de suivre les siens, même lorsque je ne comprends pas, même lorsque je préférerais une autre route, même lorsque le chemin passe par la croix. Ce chemin, Marie, la première en chemin, l'a emprunté avant nous.

En cette année jubilaire pour notre diocèse, nous pouvons faire mémoire de tous ces hommes et ces femmes — missionnaires, évêques, prêtres, religieux, religieuses, moines et laïcs — qui ont tout quitté : leur foyer, leur famille, leur pays, leurs sécurités, pour suivre le Christ et annoncer la Bonne Nouvelle du salut.

Ils sont venus jusqu’à nos rivages d’Océanie, malgré l’éloignement, la souffrance, le danger, la faim, l’abandon, parfois même l’oubli. Nombre d’entre eux reposent aujourd’hui dans cette terre de Nouvelle-Calédonie, bien souvent dans des tombes oubliées.

Ils nous rappellent que l’Évangile n’est pas une idée à laquelle on adhère, mais une personne, un amour pour lequel on peut donner sa vie.

Comme les martyrs de l’Église naissante, comme les martyrs d’Abitène qui préférèrent donner leur vie plutôt que de renoncer au dimanche, à l'écoute de la Parole et à la fraction du pain, comme les moines de Tibhirine, ils ont fait le choix du Christ plutôt que de leur propre vie.

Leur vie donnée n’a pas disparu avec leur mort. Elle est devenue semence. Elle continue de témoigner, dans l'église universelle et même ici, dans chacune de nos églises et de nos chapelle, à chaque fois que nous nous réunissons pour célébrer la messe et que nous faisons eucharistie. Elle est devenue, mystérieusement, une source qui jaillit encore.

Je n’aurai probablement jamais à vivre les mêmes choix qu’eux. Mais l’Évangile me pose la même question, à ma mesure : Qu’est-ce que je suis prêt à donner par amour ? Qu’est-ce que je recherche réellement, à tout prix ? Qu’est-ce que le Seigneur me demande aujourd’hui de donner ?

Peut-être simplement un peu de mon temps, un pardon, une présence, une visite, une fidélité, un service anonyme, une parole de vérité, un geste d’amour. Peut-être me demande-t-il simplement de ne pas fuir une personne, une situation, une maladie ou une responsabilité parce qu’elle devient trop difficile.

« Celui qui perd sa vie à cause de moi la trouvera. »

Il ne s’agit pas de rechercher la souffrance. Il s’agit de ne pas avoir peur de donner sa vie, car une vie gardée précieusement pour soi finit par se rétrécir. Une vie donnée par amour, en Jésus, devient féconde.

Alors, Seigneur, aide-moi à te suivre, aide-moi à te chercher et à te trouver.
Apprends-moi, comme le dit saint Paul, à me revêtir de toi, afin que ce ne soit plus moi qui vive, mais toi qui vives en moi.
Que ta lumière brille dans ma vie. Que le sel de ta présence lui donne goût. Et que ma vie, humblement donnée, puisse à son tour témoigner de ton amour.
Car au fond, Seigneur, c’est peut-être cela que je dois retenir aujourd’hui : Ton amour vaut mieux que la vie.

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