DIEU NOTRE PÈRE, Nous te rendons grâce pour les soixante années de vie, de foi et de mission de notre Diocèse de Nouméa. Merci pour tous ceux qui, au fil des générations, ont annoncé l'Évangile sur cette terre, servi leurs frères et sœurs, témoigné de ton amour et fait grandir ton Église. Nous te bénissons pour les évêques, les prêtres, les diacres, les religieux, les religieuses et les fidèles laïcs qui ont consacré leur vie à ta mission En cette année jubilaire, renouvelle en nous la joie de croire, la force d'espérer et l'audace d'aimer. Apprends-nous à marcher ensemble dans l'unité, le respect et la fraternité, au cœur de la diversité des peuples et des cultures de la Nouvelle-Calédonie. Que ton Esprit Saint guide notre diocèse vers un avenir de paix, de réconciliation et de communion. À l'exemple de la Vierge Marie, Notre-Dame du Pacifique,donne-nous un cœur disponible à ta volonté et attentif aux plus petits. Fais de notre Église diocésaine une communauté missionnaire,accueillante et rayonnante, témoin de la Bonne Nouvelle auprès de tous. Nous te confions les générations passées, présentes et futures, afin que ton amour demeure au centre de notre vie. Par Jésus-Christ, notre Seigneur. Amen.

28/02/2026

01 MARS 2026 : 2ÈME DIMANCHE DE CARÊME - ANNÉE A - ENVOI DES CATÉCHÈTES

La transfiguration du Christ
Luca Giordano (Naples 1634-1705)
Gallerie degli Uffizi
Florence, Italie

 « Celui-ci est mon Fils bien-aimé,
en qui je trouve ma joie :
écoutez-le ! » (Mt 17, 05)

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L’Évangile de la Transfiguration (Mt 17, 1-9) nous conduit sur une haute montagne. Jésus emmène avec lui Pierre, Jacques et Jean. Là, sous leurs yeux, son visage devient lumineux, ses vêtements resplendissants. Moïse et Élie apparaissent à ses côtés, comme pour signifier que toute l’histoire de Dieu avec son peuple trouve en lui son accomplissement. Puis une voix se fait entendre : " Celui-ci est mon Fils bien-aimé… écoutez-le. "

Dans le contexte d’un envoi de catéchètes, cette parole prend un relief particulier : "écoutez-le".

Avant d’être celles et ceux qui parlent de Dieu, nous sommes des disciples qui apprennent à écouter. La catéchèse ne commence ni par une méthode, ni par un programme, ni même par nos compétences. Elle commence dans le silence du cœur, là où le Christ vient nous rejoindre personnellement.

Pierre, bouleversé par la beauté de l’instant, voudrait rester là-haut : " Dressons trois tentes. " Nous le comprenons bien. Nous aussi, nous aimerions retenir les moments lumineux, garder les temps forts, prolonger les consolations. Mais Jésus ne nous invite pas à nous installer sur la montagne. Il nous y conduit pour nous fortifier… puis il nous ramène vers la plaine.

Car la mission se vit dans la vie ordinaire, avec ses joies simples et ses fragilités bien réelles. Il reste à annoncer la Bonne Nouvelle, à partager l’Évangile, à marcher avec des enfants, des jeunes, des adultes qui cherchent un sens à leur vie. Être catéchète, c’est accepter d’avancer avec d’autres, parfois dans le doute, souvent dans la simplicité, toujours dans la confiance.

Matthieu précise que tout cela se passe « six jours après ». Ce détail n’est pas insignifiant. Dans la Bible, le sixième jour est celui de la création de l’homme : un jour encore inachevé, en attente du repos du septième. La lumière de la Transfiguration ne nous arrache pas à notre condition humaine ; elle vient l’éclairer. Nous sommes encore en chemin. Nous vivons dans le temps de la foi.

Et la foi ne consiste pas à chercher une lumière sans croix. Suivre le Christ, c’est accepter que la route conduise à Jérusalem. La Transfiguration ne supprime pas la Passion ; elle nous donne la force de la traverser. Elle nous assure que la lumière de Jésus est plus forte que toutes nos nuits.

Il y a aussi ce geste bouleversant : les disciples, saisis de crainte, tombent face contre terre. Alors Jésus s’approche, les touche et leur dit : " Relevez-vous, n’ayez pas peur. " Cette parole est pour nous. Nous pouvons nous sentir petits, fragiles, pas toujours à la hauteur de la mission confiée. Mais ce n’est pas sur nos seules forces que repose l’annonce de l’Évangile. Elle repose sur lui. "Aller ensemble", pour nous comme sur la route d'Emmaüs, c'est faire route à plusieurs, mais c'est d'abord marcher avec lui en buvant ses paroles. Jésus prend la tête. Il est la tête (J.N.Bezançon).

La voix du Père ne dit pas : " Écoutez-les ", en parlant des disciples. Elle dit : " Écoutez-le ", en parlant du Fils. Voilà notre humble place : aider d’autres à tendre l’oreille vers Jésus.

En ce jour d’envoi, nous ne montons pas sur la montagne pour nous reposer dans la béatitude divine. Nous y recevons une lumière et une mission (non une fonction). Et cette lumière, nous la portons simplement, comme une lampe fragile (car confiée à notre fragilité humaine) mais bien réelle (car Jésus demeure avec nous et marche à nos côtés).

Que notre service soit cela :
  • des femmes et des hommes qui écoutent le Christ,
  • qui se laissent relever par lui,
  • et qui, à leur tour, conduisent d’autres au Fils bien-aimé.

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